La dénutrition chez les personnes âgées

Grandmother enjoying cake o'clock
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Introduction

On estime qu’autour de 2 millions de personnes sont en situation de dénutrition en France, dont une grande part de personnes âgées, qu’elles vivent chez elle ou en institution. La prévention et le traitement de la dénutrition font partie des priorités de santé publique, car une personne dénutrie augmente ses risques de chutes, de fractures, d’hospitalisation, d’infections nosocomiales, de dépendance et de décès.

dame âgée dépressive en dénutrition

Qu’est-ce que la dénutrition ?

La dénutrition est un état pathologique résultant d’un déficit persistant des apports nutritionnels par rapport aux besoins de l’organisme en nutriments (glucides, lipides, protéines) et en micronutriments (vitamines, minéraux, oligo-éléments).

Le défaut d’apports entraîne des pertes tissulaires, notamment des fontes musculaires (amyotrophie). En conséquence, l’organisme a des capacités amoindries pour répondre à certaines agressions, comme les infections. De même, cela entraine une diminution de l’autonomie (moindre mobilisation) et favorise l’apparition d’escarres, particulièrement chez le sujet âgé.

Généralement, la dénutrition entraîne ou aggrave un état de fragilité ou de dépendance et contribue à la survenue de pathologies.

Woman with two canes walking in park

Les causes de la dénutrition

Une dénutrition peut être :

  • Endogène : les besoins énergétiques de la personne sont supérieurs à ses apports. Elle est liée à un hyper catabolisme (dégradation trop importante des protéines, lipides et glucides dans l’organisme) sans compensation par l’alimentation. Il s’agit d’un mécanisme de défense immunitaire, qui survient à la suite de maladies et plus généralement de tout état inflammatoire aigu ou chronique.
     
  • Exogène : les apports énergétiques sont inférieurs aux besoins de la personne car celle-ci diminue sa consommation alimentaire. Chez les personnes âgées, de nombreux facteurs sociaux, psychologiques et physiologiques peuvent conduire à une insuffisance d’apports (cf. § « Facteurs de risques« ).

Dépistage et diagnostic de la dénutrition

Symptômes

Le symptôme le plus flagrant d’un état de dénutrition chez la personne âgée est la perte de poids, même chez une personne en surcharge pondérale. En effet, une perde de poids de 5% en un mois ou de 10% en six mois doit être un signe d’alerte au même titre que la maigreur (Indice de masse corporelle – IMC- inférieur aux normes).

Le diagnostic de dénutrition d’une personne âgée repose sur l’observation par un médecin d’au moins un des critères suivants :

DénutritionDénutrition sévère
Perte de poids≥5% en 1 mois ou
≥10% en 6 mois
≥ 10 % en 1 mois ou
≥ 15 % en 6 mois
Indice de masse corporelle (IMC)< 21 < 18
Albumimétrie1 < 35 g/l< 30 g/l
MNA global< 17

Chez la personne âgée, un seul symptôme suffit pour établir le diagnostic. L’albumimétrie est un critère de sévérité.

assiette vide

Facteurs de risques

Aux situations de risque de dénutrition sans lien direct avec l’âge (cancers, pathologies inflammatoires chroniques, anorexie mentale, etc), de très nombreuses situations à risque, plus spécifiques à la personne âgée, nécessitent une approche et une prise en charge multidisciplinaires :

  • Causes psycho-socio-environnementales :
    • isolement
    • deuil
    • difficultés financières
    • maltraitance
    • hospitalisation
    • changement des habitudes de vie (entrée en institution)
  • Toute affection aigüe ou décompensation d’une pathologie chronique
    • douleur
    • pathologie infectieuse
    • fracture entrainant une impotence fonctionnelle
    • intervention chirurgicale
    • constipation sévère
    • escarres
  • Traitement médicamenteux au long cours
    • polymédication
    • médicaments entrainant une sécheresse de la bouche, une dysgeusie (altération du goût), de troubles digestifs, d’une anorexie, d’une somnolence, etc.
    • corticoïdes au long cours
  • Troubles bucco-dentaires
    • trouble de la mastication
    • mauvais état dentaire
    • appareillage mal adapté
    • sécheresse de la bouche
    • candidose oropharyngée
    • dysgeusie (altération du goût)
  • Régimes restrictifs
    • sans sel
    • amaigrissant
    • diabétique
    • hypocholestérolémiant
    • sans résidu au long cours
  • Syndromes démentiels et autres troubles neurologiques
    • maladie l’Alzheimer
    • autres démences
    • syndrome confusionnel
    • troubles de la vigilence
    • syndrome parkinsonien
  • Troubles de la déglutition
    • pathologie ORL
    • pathologies neurologique, dégénérative ou vasculaire
  • Dépendances pour les actes de la vie quotidienne
    • dépendance pour l’alimentation
    • dépendance pour la mobilité
  • Troubles psychiatriques
    • syndromes dépressifs
    • troubles du comportement
dame assise seule dans un restaurant

Que faire en cas de dénutrition d’une personne âgée ?

Traitement

Le traitement de la dénutrition dépend de sa cause, de l’état de santé et de l’âge du patient. Il peut associer une prise en charge de la cause (maladie associée, régime alimentaire inadapté) et une prise en charge diététique pour rétablir les apports nutritionnels.

La dénutrition, tout particulièrement chez la personne âgée, est un cercle vicieux qu’il faut enrayer au plus vite : une insuffisance en apports débouchera généralement sur une perte de poids, qui elle-même augmentera la fragilité de la personne, alors plus encline à développer des pathologies, qui elles-mêmes entraineront une plus grande fragilité, une baisse d’appétit, et ainsi de suite. Il est donc primordial d’agir dès l’apparition des premiers indices de risque.

À domicile, il est important d’évaluer l’aptitude de la personne âgée à faire les courses et à cuisiner, et il convient de mettre en oeuvre les aides possibles afin d’améliorer l’alimentation (entourage proche, aide à domicile)

Prévention

Contrairement à une idée reçue, consistant à penser qu’un individu a des besoins en apports qui diminuent avec l’age, les personnes âgées ont des besoins au moins égaux à ceux d’un jeune adulte, car leur métabolisme devient moins efficient et nécessite donc plus d’apports pour un rendement énergétique égal.

Une bonne prévention passe par le repérage des personnes présentant des facteurs de risque. il s’agit alors de veiller à maintenir des apports suffisants pour le bon fonctionnement de l’organisme, en appliquant des mesures spécifiques et adaptées :

  • agir sur les incapacités matérielles, problèmes digestifs, dépression, etc.
  • éduquer la personne, afin de lui faire comprendre les raisons de la nécessité de prendre du poids
  • enrichir l’alimentation et la faire correspondre aux goûts de la personne
  • prescrire une complémentation alimentaire, dans les cas où l’alimentation spontanée ne couvre pas les besoins nutritionnels.

Sources :

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