L’incontinence urinaire chez la personne âgée : définition, causes et traitements

Personne agée souffrant d'incontinence urinaire
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L’incontinence urinaire affecte une grande population de personnes âgées : un tiers des femmes de plus de 70 ans, et environ un tiers des hommes de plus de 90 ans. Ce phénomène est handicapant dans la vie quotidienne, dans les rapports sociaux comme vis-à-vis de soi-même. De quoi s’agit-il, et comment la traiter ?

1- Définition

L’incontinence consiste en une perte involontaire d’urine. Si la population générale est touchée, l’âge est un facteur aggravant. En effet, en vieillissant, les tissus de la vessie et des sphincters deviennent moins élastiques. La vessie se contracte et donc se vide moins bien, ce qui multiplie les envies d’uriner et favorise l’apparition d’infections urinaires. La fréquence des contractions de la vessie, dont le muscle se dénerve, sont alors plus fréquentes, voire anarchiques. Cela entraine des envies d’uriner pressantes, qui se font parfois sentir trop tard.

Du fait d’un conduit urinaire plus court, des grossesses et de la chimie hormonale, l’incontinence touche à 75% les femmes.

2- Les différents types d’incontinence

On distingue plusieurs types de fuite urinaires, révélatrices des pathologies dont elles sont un symptôme.

L’incontinence urinaire d’effort

C’est le type d’incontinence le plus répandu. La fuite urinaire dite « d’effort » survient lors d’un mouvement brusque ou d’un effort physique alors que la personne ne ressentait pas l’envie d’uriner. La perte d’urine est généralement faible, mais reste involontaire, à cause d’une insuffisance du sphincter.

L’incontinence de situation

L’incontinence de situation est un type de fuite urinaire lié à des troubles cognitifs. Ces pathologies multiples sont connues pour altérer les facultés de la personne qui perd le contrôle de sa vessie.

L’incontinence de handicap moteur

L’incontinence peut être liée à un handicap moteur qui restreint les mouvements de la personne âgée. Dépendante, elle ne peut plus se rendre aux toilettes seule lorsqu’elle en a besoin, ce qui peut provoquer des fuites urinaires.

L’incontinence urinaire totale

L’incontinence urinaire totale de la personne âgée la rend dépendante de son entourage ou du personnel soignant. Ce trouble est dû à l’absence de contrôle exercé sur la vessie. Cela peut être lié à une maladie ou à une opération chirurgicale.

L’incontinence par regorgement

Le regorgement est une forme de perte urinaire qui survient lorsque la vessie est trop remplie et qu’elle ne peut plus retenir la totalité de l’urine, un « surengorgement » arrive. Les personnes âgées atteintes de ce trouble souffrent le plus souvent d’une vessie distendue.

L’incontinence impérieuse

Aussi appelée « perte urinaire d’urgence ». La perte urinaire est alors accompagnée ou précédée d’un besoin irrépressible d’uriner sans qu’il soit possible de se retenir.

3- Les causes de l’incontinence

La vieillesse seule ne suffit pas à expliquer l’apparition de fuites urinaires. Bien souvent, la faute revient à une pathologie, dont l’incontinence est un symptôme ou une conséquence :

  • La présence de calculs, d’une sonde ou d’une infection, une hypertrophie de la prostate chez l’homme ou un rétrécissement urétral chez la femme, une tumeur, une sclérose en plaques, une maladie de Parkinson ou une démence tendent à expliquer une incontinence par impériosité.
  • Une carence en œstrogène, un résultat de grosses multiples ou d’accouchements difficiles ou un prolapsus peuvent être la cause d’une incontinence urinaire d’effort.
  • Le rétrécissement de l’urètre, une hypertrophie de la prostate ou un cancer chez l’homme, une vessie distendue, un diabète ou des médicaments peuvent causer l’incontinence par regorgement.

4- Examens et diagnostic

Une bonne prise en charge d’une personne souffrant d’incontinence commence par la réalisation d’examens, pour en déterminer la cause et proposer un accompagnement et un traitement adaptés :

  • interrogatoire du malade : durée des troubles et circonstance de survenue des fuites urinaires (de jour ou de nuit, lors d’un effet) ;
  • analyse cyto-bactériologique des urines pour rechercher une infection urinaire ;
  • échographie pelvienne pour écarter la présence de tumeur vésicale ;
  • bilan urodynamique pour mieux comprendre le mécanisme physiopathologique de l’incontinence ou avant une chirurgie.

5- Traitement

Un diagnostic sera alors réalisé, à partir duquel plusieurs traitements peuvent être mis en place :

  • rééducation : renforcement des muscles du plancher pelvien, rééducation de la marche et adaptation du domicile pour un accès plus simple aux toilettes ; méthodes comportementales : rééducation de la vessie pour apprendre à allonger les intervalles entre les mictions ;
  • emploi de médicaments locaux ou généraux : traitement hormonal local, anticholinergiques et alpha-stimulants ;
  • traitement chirurgical ;

On optera également pour des protections, principalement :

  • Les protections urinaires : ce sont des protections absorbantes, qui se déclinent sous différentes formes :
    • les protections anatomiques : il existe des protections spécialement conçues pour des fuites urinaires légères et d’autres pour une incontinence moyenne à très forte.
    • les sous-vêtements absorbants sont conçus pour des incontinences légères à fortes.
    • les changes complets conviennent aux fuites urinaires modérées à très fortes avec ou sans incontinence fécale.

Pour déterminer la protection absorbante la mieux adaptée, on tient compte : de l’importance des fuites, du sexe du patient, de son degré d’activité et d’autonomie, et de son tour de taille, lorsque l’incontinence est sévère et qu’un sous- vêtement jetable ou un change est envisagé.

  • Les étuis péniens : sortes de préservatifs, ils sont utilisés dans l’incontinence masculine. Ils sont un progrès modeste dans le traitement palliatif de l’incontinence. Ces étuis sont reliés à un collecteur d’urine (ou poche de recueil) fixé à la jambe. Ils peuvent être portés 24h00 maximum, et sont faits de latex ou de silicone.
Étui pénien utilisé en cas d’incontinence chez l’homme.
  • Les poches de recueil : elles sont reliées aux étuis péniens par un un tuyau, pour recueillir les urines. Il existe différents types de poches (ou collecteurs), dont les principaux sont : les poches de jambes, fixées par des attaches ou des élastiques à la cuisse ou au mollet et les poches de nuit qui ont une contenance plus importante. Ces poches sont les mêmes que celles qui peuvent être raccordées aux sondes.
Poche urinaire de jambe
  • Les collecteurs urinaires masculins et féminins : Les collecteurs urinaires masculins sont conçus pour les patients avec un pénis rétracté ou lorsqu’un étui pénien ne peut pas être utilisé. Les collecteurs urinaires féminins sont utilisés principalement pour les patientes alitées pour lesquelles la pose d’une sonde à demeure n’est pas nécessaire ou possible. Ces collecteurs sont directement fixés au sortir du système urinaire.
Un collecteur urinaire
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