Service d’Aide et d’Accompagnement à Domicile : de l’ombre à la lumière

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Perçu il y a une décennie de cela comme un secteur peu encadré légalement, disposant d’une main d’œuvre peu qualifiée, le maintien à domicile a dû booster la professionnalisation de ses collaborateurs et réviser ses méthodes de management pour être à la hauteur des nouveaux enjeux de société en matière du maintien à domicile.

Trois facteurs se conjuguent :

  • un cadre réglementaire exigeant pour les Services d’Aide et d’Accompagnement à Domicile
  • une modernisation des services intégrant de nouvelles technologies
  • de nouveaux besoins à servir participant à professionnaliser les intervenants et à réorganiser les services. Après quasiment 30 ans d’immobilisme dans les services d’aide à la personne, une vraie révolution copernicienne s’est enclenchée.

Un cadre réglementaire exigeant pour les Services d’Aide et d’Accompagnement à Domicile

La Loi du 02 janvier 2020, relative au respect des droits des usagers, a posé aux Services d’Aide et d’Accompagnement à Domicile, un cadre reconnaissant des droits aux usagers. Le livret d’accueil diffusé au bénéficiaire recense l’ensemble de ces droits, et l’éthique que doivent respecter les intervenants à domicile est incluse dans la Charte des droits et libertés.

La reconnaissance du droit de l’usager exige, aussi de la part du prestataire, une prise en charge et un accompagnement individualisé de qualité pour favoriser l’autonomie du bénéficiaire.

Cet accompagnement individualisé est formalisé dans le document individuel de prise en charge et s’inscrit obligatoirement dans l’évaluation individualisée et permanente des personnes.

Pour assurer le bon respect de ces obligations, outre la professionnalisation des intervenants et du personnel d’encadrement, il a été nécessaire de renforcer les équipes de terrain, notamment par l’embauche de chargé (e) de suivi d’intervention, de mettre en place le cahier de liaison et de doter le personnel d’outil numérique.

La modernisation des services à la personne

Cette modernisation avisée des services a donné, entre autres, davantage de visibilité et de traçabilité du travail réalisé : heure d’arrivée et heure de départ, (ré) évaluation régulière, formalisation de protocole de missions pour les intervenants, rapports d’interventions.

Cette exigence s’accompagne de la mise en œuvre de la télégestion, actuellement en expérimentation, qui permet la vérification du service fait. Elle se complète de l’accès des salariés intervenants à leur espace dédié pour récupérer leur protocole de mission individualisée, des notes de services et autres éléments leur permettant d’assurer un service de qualité.

La maîtrise des savoirs fondamentaux et de l’outil informatique est aujourd’hui absolument nécessaire pour l’intervenant.

La dématérialisation des outils permet de fluidifier les mises en relation et réduit les déplacements des intervenants entre leur domicile, leur antenne et les domiciles d’intervention. La pénibilité s’en trouve bien entendu réduite.

Les nouveaux besoins à servir

Avec l’arrivée des papy-boom sur le champ de la dépendance, il est relevé que les nouveaux bénéficiaires sont plus à l’aise que leurs aînés avec les outils numériques, mais qu’ils ne maîtrisent pas entièrement les NTIC, qu’ils intègrent davantage dans leur quotidien.

Les différents systèmes de télésurveillance sont davantage intégrés au domicile qui dispose parfois de la domotique.

Les nouveaux besoins s’articulent entre : aides aux courses, assistance administrative, information et sensibilisation aux risques liés à la vue et l’audition, ou encore, un besoin d’assistance informatique et l’accompagnement à la téléconsultation.

Les besoins des personnes dépendantes se personnalisent davantage tissant entretien de la maison, assistance médicale, lien social et lien numérique.

Face à ces complexifications des interventions, la réflexion s’oriente vers une réinvention des services d’aide à domicile qui laisserait une plus grande autonomie aux équipes de proximité, pour planifier et organiser au plus près les besoins des personnes.

Au-delà d’une révolution des organisations des services d’aide à domicile, la société de demain ouvre un univers dans lequel la mécanique, l’électronique et le digital rejoindront le biologique pour le développement de robot d’assistance, commandé par une intelligence artificielle.

Le défi de demain pour les professionnels du médico-social sera de former les intervenants pour que l’Homme et la Femme restent aux commandes des robots d’assistance. Les domaines concernés sont multiples, concernant : le transport autonome, les robots du domicile, les robots émotionnels interactifs, les exosquelettes.

Le foisonnement de technologies susceptibles d’être développées dans les services d’aide et d’accompagnement à domicile ne doit pas faire oublier que le fondement du Service d’Aide et d’Accompagnement à Domicile est de déléguer des actions de bien-être pour un mieux-être. L’efficience de nos actions repose, avant tout, sur les qualités humaines, développées par un personnel qui se professionnalise chaque jour, pour créer un service plus adapté à une société de longévité.

Par J. DIJOUX, Directeur de PRO.RE.SAP.

PRO.RE.SAP est une des principales associations de Services à la Personne de La Réunion, partenaire d’Applisoins.

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